TBC et AWS lancent un modèle vidéo IA guidé par des neurones de rat
Un modèle d'IA vidéo optimisé par l'activité de neurones de rat est désormais accessible via Amazon Web Services : c'est ce qu'a annoncé le 22 septembre 2026 la startup The Biological Computing Company (TBC), fondée il y a quatre ans par deux neurochirurgiens de Baltimore. La société revendique une génération vidéo cinq fois plus rapide et des coûts d'inférence réduits de 80 %, selon l'AWS Press Center. Ces chiffres, séduisants sur le papier, n'ont pas encore été vérifiés par un tiers indépendant.
La biologie comme logiciel
Le principe est plus prosaïque qu'il n'y paraît. TBC fait pousser des neurones de rat et des cellules souches humaines sur des puces à 4 096 électrodes fabriquées par la société suisse 3Brain. Ces électrodes enregistrent la façon dont les cellules traitent des signaux visuels, et les schémas obtenus sont traduits en une couche logicielle légère — moins de 0,1 % de surcharge — qui s'exécute sur des GPU classiques ou des accélérateurs cloud comme les puces AWS Trainium. Aucun équipement biologique n'est requis chez le client.
Le modèle est disponible sur AWS SageMaker et AWS Marketplace. La technologie se superpose à un générateur vidéo dont TBC garde l'identité secrète, ce qui rend toute comparaison directe avec Sora, Veo ou Runway impossible pour l'instant.

Ce que ça change — et ce qu'on ignore encore
TBC n'est pas seule sur ce créneau. La Suisse FinalSpark commercialise depuis 2024 une plateforme d'accès à des organoïdes cérébraux humains, et l'australien Cortical Labs propose depuis mars 2025 de déployer du code directement sur des neurones via le cloud. TBC se distingue en jouant la carte de la compatibilité avec les infrastructures existantes, ce qui lui a permis de lever plus de 50 millions de dollars. Jeff Dean, investisseur lié à Google, aurait conseillé à TBC de commencer par la vidéo, là où les points de comparaison sont déjà établis.
Côté limites, le directeur AWS dédié aux startups reconnaît lui-même que la vraie question est de savoir si la technologie tient sur des vidéos longues — plusieurs heures — où la cohérence visuelle des objets devient un défi. Aucune réponse claire n'a été apportée.
Pour la France, aucune information sur la disponibilité via la région AWS Paris ni sur une tarification locale n'a été communiquée. Ni OVHcloud, ni Mistral ne figurent parmi les partenaires annoncés. La CNIL et l'ARCEP n'ont pas encore statué sur l'encadrement du bio-computing — un vide réglementaire que d'autres pays pourraient combler avant Paris, comme The Small Business Cybersecurity Guy le note à propos de la feuille de route de FinalSpark jusqu'en 2028.
À suivre
L'accès reste limité à une sélection de clients AWS. TBC positionne clairement son offre côté entreprises — réduction de coûts d'inférence à grande échelle — plutôt que comme un outil pour créateurs. Si les benchmarks sont un jour publiés et confirmés, l'approche bio-logicielle pourrait redéfinir l'économie des générateurs vidéo IA, un marché en pleine expansion.